L'Histoire du tapis devenu une œuvre d'art !

Tapis unique et professionnel

Le plus ancien tapis découvert à ce jour, date du IV° siècle avant Jésus Christ. Il a été retrouvé au milieu des glaces, dans une vallée des monts Altaï en Sibérie, lors d'une opération de fouilles archéologiques dans un Tumulus Pazyryk, au début du XX° siècle. Ce fragment de tapis, considéré comme une véritable merveille, appartenait à un chef scythe, dont le peuple nomade vivait sous des yourtes primitives. Ce tapis est actuellement exposé au Musée d'Etat de l'Ermitage à St Petersbourg en Russie.

Les premiers tapis étaient fabriqués à la main, par les femmes, dès leur plus jeune âge. Il s'agissait d'objets mobiliers pour ces peuples itinérants d'Asie et d'Orient, qui ont délaissé les peaux de bêtes pour une matière plus soyeuse et plus noble. Les premiers tapis sont donc faits pour meubler l'espace et recouvrir le sol. Ils servaient de couchage, de cloisons souples dans les tentes, ou de tapis de prière. Dans certains contes, ils sont magiques et volants. Pour les rois et les chefs de tribus, ils sont l'affirmation du pouvoir. Certains tapis sont, en effet, en soie et cousus d'or.

Les plus beaux tapis seront fabriqués en Orient, en Asie et en Afrique du Nord, en Iran, en Afghanistan, en Turquie, en Asie, en Chine, au Tibet,en Inde, mais aussi en Tunisie ou au Maroc. Si la tradition voulait la reproduction de motifs ancestraux, aux motifs géométriques et floraux le plus souvent, certains tapis racontaient aussi la vie de ces nomades.

Les tapis étaient fabriqués à la main, en utilisant des métiers. Le métier « horizontal » était le plus employé par les peuples nomades car il était plus facile à transporter. Mais la taille du tapis dépendait de celle du métier. Aussi, le second métier dit « vertical » sera fixe. Il était utilisé dans les villages et les villes par des tisserands. Ces artisans de la ville de Tabriz en Iran, amélioreront ce modèle vertical, afin de doubler la taille du tapis. Puis une seconde modification permettra aux tisserands de réaliser des tapis plus longs.

Les matières utilisées étaient la laine de mouton, la soie et le coton. Le coton servait pour la trame horizontale (deux fils : un rigide, l'autre souple) et la chaîne (fils verticaux) qui formera les franges.

Depuis son origine, deux nœuds sont utilisés pour réaliser un tapis : le nœud caucasien ou turc et le nœud persan. Ils se distinguent essentiellement par le nombre de tours sur le fil de chaîne. Pour réaliser un nœud turc, la laine ou la soie fait le tour complet de chaque fil de chaîne. Pour le nœud persan, la laine ou la soie fait le tour complet d'un seul fil de chaîne.

Le tisserand commençait son ouvrage par le bas et remontait au fur et à mesure sur son métier. Une fois terminé, le tapis était rasé pour son homogénéité, lavé et brossé pour son lissage et repassé avant d'être contrôlé. La qualité du tapis, et donc son prix, était déterminée par sa matière (laine ou soie) et par le nombre de nœuds sur un dm2. Un tapis de belle qualité suppose au moins 2500 nœuds en dm2, tandis qu'un tapis simple présente 500 nœuds sur cette petite surface.

Pour les tapis les plus nobles, il fallait des mois voire des années de travail pour ces artisans. Ces œuvres véritables ornaient les palais ou étaient offerts comme cadeaux diplomatiques.

En Europe, les premiers tapis sont arrivés vers le XI° siècles, après les premières croisades. Considérés comme de véritables joyaux, ils étaient exposés sur les mûrs, ou posés sur des tables. Ils n'étaient pas considérés comme des tapis de pieds, contrairement à leur usage initial. Ces tapis orientaux d'exception sont aujourd'hui dans les musées. Trois d'entre eux, sont actuellement exposés dans le musée du Louvre. Issus des collections du Mobilier National, ces 3 tapis des manufactures royales de Tabriz ou de Kashan ont été réalisés au XVI° siècle. Ils présentent un décor commun de rosace centrale à pétales ou festons notamment, avec une palette chromatique remarquable.

En France, c'est au début du XVII° siècle que les premières manufactures voient le jour, sous l'impulsion d'Henry IV. Les manufactures des Gobelins, de Beauvais, la manufacture de la Savonnerie dont les ateliers étaient situés à Paris et Lodève, produiront des œuvres de grandes beautées pour les palais royaux et impériaux. Ils étaient tissés sur le modèle Turc, à partir du nœud dit symétrique.

Aubusson, dans la Creuse, ville célèbre pour ses tapisseries, produira à son tour des tapis. La tapisserie murale est en déclin à la fin du XVII° siècle. La révolution mettra aussi à mal les anciennes manufactures royales qui se reconvertiront dans le tapis « de pied ». Grâce au procédé du tisserand Joseph Marie Jacquard, mis au point à la fin du XVIII°siècle, le tapis sera fabriqué de manière industrielle. Le métier utilise dès lors des cartes perforées. La première carte et la dernière reliées permettaient des reproductions identiques d'un même modèle. Les tapis de sol répondaient davantage au besoin de la clientèle, qui avait délaissé les tapisseries murales au profit du papier peint qui venait d'apparaître. De grandes unités de production se développent alors, les manufactures de Sallandrouze, de Croc-jorrand, de Tabard par exemple. C'est l'avènement de la « Velouteuse », une main d'oeuvre féminine qui apprendra à manier avec aisance les métiers verticaux industriels. Mais une fois encore, ce sont des évènements tragiques qui viendront interrompre la production : la première guerre mondiale et la crise économique de 1930. Ces deux crises fermeront les ateliers de production, et enverront les machines aux musées.

Aujourd'hui, En France, les ateliers de fabrication à la main, de tapis sont rares. La Manufacture Nationale des Gobelins a gardé son atelier de Lodève, qui produit toujours des tapis d'exception, de type Turc (nœud anatolien). Ces œuvres ornent désormais les Palais de l'Elysée et Gouvernementaux.

Dans le privé, certains ateliers travaillent encore de manière artisanale, comme à Moroges en Bourgogne. Dans ce petit village, on réalise notamment des tapis tuftés ou tissés à la main, dans un style classique ou moderne.  



Le tapis personnalisé une oeuvre unique 

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